VieDeMaman

Dans les jupes de sa mère.

14 mars 2016

Quand le capitaine était tout petit, c’était un bébé très demandeur. Il était dans les bras toute la journée, il ne dormait que sur moi, par petites tranches d’une demi-heure. Il a rapidement fait ses nuits. Au début, à nos côtés, dans un couffin dans notre chambre, puis, finalement, au bout d’un mois, dans sa propre chambre. Les journées étaient réglées comme du papier de soie : aucune ne se ressemblait en terme d’heures de tétées, d’heure de sieste lorsqu’il y en avait une, du moment qu’il était dans mes bras, simplement.

Lorsque j’ai repris le travail, a ses 4 mois et demi, l’adaptation chez sa nounou a été très compliquée. Je m’en suis voulue de ne pas avoir trouvé de solution, de l’y avoir laissé. Presque un mois entier à pleurer du moment où il arrivait au moment où il repartait avec moi. J’étais jeune (je le suis encore haha), je me disais qu’il fallait que je travaille, que je ramène ma part de salaire. Pourtant, je ne travaillais qu’à temps partiel, à l’époque. Mais jamais l’idée d’un congé parental ne m’a traversé l’esprit. Cette idée aurait pourtant pu être la solution. Mais il était impossible pour moi de me dire que j’allais rester à la maison, que je ne me lèverais pas tous les matins pour aller travailler. Une question d’éducation.

Après coup, je regrette considérablement ces premiers pas fébriles dans mon nouveau rôle de maman, que je ne maitrisais pas. Je pense qu’aujourd’hui, j’aurais fait autrement.

Rapidement, le capitaine a commencé à prendre un peu de liberté, en découvrant tous les mouvements qu’il pouvait exécuter. On le laissait libre d’explorer, de découvrir ses jouets, de … se déplacer. Nous appliquions la motricité libre, sans que nous connaissions exactement cette « méthode ».

Le capitaine s’est par la suite complètement désintéressé des bras, des câlins, des moments de calme avec nous. Ca n’existait plus. Tout ce qui l’intéressait, c’était d’explorer. Se mettre debout, se déplacer, faire ses premiers pas.

Et j’avoue que je me suis peut être habituée à cette sensation d’avoir plus de liberté, plus de temps pour moi, de pouvoir m’occuper de notre chez nous, de pouvoir faire à manger …

Mais, depuis quelques temps, tout à changer sur ce point. Le capitaine est redevenu très tactile, très sensible au fait d’être avec quelqu’un. Il est constamment en train de nous chercher pour que nous jouions avec lui. Il nous prend par la main et nous devons le suivre jusqu’à sa chambre, sans quoi les pleurs s’en suivent. En ce moment, nous n’avons absolument plus de temps pour nous. Il faut être constamment avec lui, sinon il n’est pas bien.

Cette période, en ce moment, je ne la vit pas très bien. Pourtant, je devrais l’apprécier, elle pourrait être source de complicité entre nous.

Le problème ne vient pas de lui, je le sais.

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Je pense plus simplement que ce frein, je me le provoque toute seule. Simplement car j’ai tellement la tête dans plusieurs choses en ce moment, que j’ai le sentiment de ne rien maitriser. Alors, je rejette la faute sur lui, ce petit garçon de même pas deux ans qui demande tout simplement du temps qui lui soit consacré.

Quand je suis seule avec lui, quand je dois m’en occuper, je sais que je ne peux rien faire d’autre. Pourtant, j’en ai, des choses à faire. Entre un concours, un nouveau travail qui va commencer et qui me stresse considérablement, une maison à entretenir … D’ailleurs, c’est en partie pour tout ceci qu’il continue d’aller chez la nounou, alors même que je me retrouve avec un statut de « chômeuse » et que je suis à la maison …

Je dois ne rien faire et m’occuper de lui. Mais c’est plus fort que moi. Je n’y arrive pas forcément, et lorsqu’il est seul et que je vague à mes occupations, il essaye de capter mon attention. Il s’installe à côté de moi et touche à tous mes papiers, il essaye de me montrer qu’il est là. Mais non, je « me refuse de le voir », et je m’énerve. Parce que je ne peux pas garder ma concentration. Parce qu’il touche à mes papiers que je considère comme important alors qu’ils n’ont aucune importance. Je m’énerve. Et il se fait gronder. Pour rien. Par ma faute.

C’est ce qui s’est passé, ce matin, encore. Il était 4h30 lorsque je me suis mise à ranger des papiers. Le capitaine était réveillé depuis bien longtemps déjà, il n’avait pas passé une bonne nuit. Je me suis donc installée dans le canapé. Il me tournait autour, une fois devant moi, debout, une fois m’escaladant sur le canapé. Je me suis énervée, lui disant que c’était important ce que je faisais, et qu’il me « gênait »Mais, en vrai, en quoi me gênait-il ? Ces pauvres papiers sont-ils vraiment plus importants que mon fils ?

Puis, PapaPapa est arrivé. Je lui ai dis que notre fils m’énervait, j’ai dit des mots moches, et je m’en suis voulue. J’ai donc finit en larmes, comme il m’arrive souvent ces derniers jours. Par culpabilité, par honte, surtout.

Parce que je ne suis pas cette mère que j’aimerais être, une maman toute simple qui consacre du temps à son enfant.

Parce que je met au défi de réussir autre chose de ma vie, alors que, finalement, ma vie est déjà toute réussite.

J’ai un enfant en bonne santé, qui évolue chaque jour au côté de sa maman et de son papa, et qui, simplement, ne demande qu’à grandir. Mais il faut quand même que je cherche toujours plus, que je cherche à faire mille et une choses encore. Alors qu’il suffirait simplement que j’accepte d’avoir un simple cadre de vie, un travail avec des horaires qui me permettent de voir mon fils, d’évoluer avec lui, d’apprendre la vie.

Je sais que je dois lâcher prise. J’ai beaucoup à apprendre. Lâcher prise sur l’éducation que je lui porte, sur le comportement que j’ai avec lui. Mais également lâcher prise sur moi-même. Arrêter de me mettre cette pression quotidienne, arrêter de m’infliger des frustrations personnelles.

Et peut-être, finalement, accepter de rentrer dans le moule, et oublier ce souhait de reconversion professionnelle qui viendra encore chambouler toute notre famille …

Et toi, comment arrives-tu à concilier ton quotidien et les demandes d’attention de ton ou tes enfants ? 

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2 Comments

  • Reply Lauriane 14 mars 2016 at 11 h 18 min

    Coucou, je n’ai pas de recette miracle, mais cette situation que tu décris, je la connais aussi, de temps en temps. C’est difficile de devoir arrêter de faire des choses « importantes » pour jouer avec son enfant quand dans sa tête on veut terminer, et un enfant de cet âge ne sait pas attendre.
    Je sais que quand cela m’arrive, soit je demande au papa de s’occuper de bébé Koala le temps que je finisse, soit j’abandonne ce que je fais pour jouer avec lui, soit je le fais participer (il adore quand je cuisine par exemple, je l’assois a coté de moi avec des spatules et une assiette en plastique, il joue à touiller).
    Et quand j’étais à la maison, je me faisais un’ planning avec une ToDo pour faire tout ce qui était important à mes yeux tant qu’il était à la crèche…
    Dans tous les cas, bon courage !
    Des bisous

    • Reply Elodie 5 juin 2016 at 21 h 29 min

      Merci pour ton commentaire ! J’essayerais tiens pour les instruments de cuisine. Il adore venir cuisiner avec moi aussi (il va chercher une chaise dans la pièce à côté et monte dessus) mais il faut que je lui donne des ustensiles adaptés ! Pas facile de s’arrêter pour jouer avec eux mais je me rends compte que c’est si important ! Merci pour tes conseils !
      Super pour la wish-list. J’en fais beaucoup aussi. Mais avec le boulot c’est dur de TOUT gérer …!

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