Humeurs Kids

Toi, grand frère

2 décembre 2017
Il y a eu ces trois années où tu as été seul, l’unique.

Notre vie tournait autour de toi, toi seul.

Puis un matin de fevrier, nous t’avons annoncé cette nouvelle. On venait juste de l’apprendre nous-meme, mais c’était une évidence, tu devais le savoir toi aussi. Notre vie allait changer, ta vie allait être bouleversée.

Il y a eu la rencontre.

Ce jour où vous étiez réunis, où vous vous êtes découverts pour la première fois. Ce jour où tu m’as vu pleurer. Je ne pouvais pas te cacher mes émotions tant ce moment fût fort.

Et il y a tous ces jours depuis sa naissance.

Maintenant, vous êtes deux. Tu reste unique, mais tu n’es plus L’unique. Il y a toi, mon garçon, et il y a elle, ta petite soeur. Celle qui complète si bien notre famille. Mais également celle que tu n’as pas réellement demandé à avoir.

Chaque jour, tu mènes ta petite vie, l’air de rien. Et puis d’un coup, tu l’as vois, elle.

Ta petite sœur. Alors tu fais quelques pas, tu t’installes à son niveau, et tu lui fais un câlin ou un bisou. Tu peux rester là quelques secondes, comme plusieurs longues minutes. Tu es si doux avec elle. Tu nous dévoile un trait de ta personnalité que nous ne connaissions que peu. Cette douceur, nous ne l’a connaissons que dans votre relation. Une douceur qui est née lors de la grossesse, envers mon ventre. Cette douceur qui s’est affirmée le jour où tu l’as rencontré. Tu es plus attentif quand tu es avec elle et tu nous écoutes un peu plus. Tu connais sa fragilité et tu veilles à ne pas lui faire de mal. Et puis, tu reprends ta petite vie. Comme si elle n’était pas là.

grand frère

Parfois, tu aimerais être de nouveau seul au centre de nos vies.

Tu nous le fais comprendre. Ce n’est pas facile de t’expliquer que maintenant, vous êtes deux. Il y a ces jours où sa présence t’embête un petit peu, et où tu nous fais savoir que tu étais là avant elle. Tu étais seul. Si on ne comprends pas à chaque fois ce besoin particulier que tu éprouves, sache mon amour que nous essayons d’y répondre dès qu’on le repère. On a moins de temps pour toi, maintenant. Tu le sais, tu l’acceptes suffisamment. Mais parfois, la priorité c’est toi. On donnerais tout ce qu’on pourrait mon petit garçon pour que tu te sentes bien et, surtout, que tu te sentes à ta place. Parce que oui, même si vous êtes deux maintenant, sois convaincu mon chéri que tu restes notre garçon, notre premier enfant, notre premier amour.

Pour nous, vous former qu’un.

Nos enfants, vos deux entités distinctes, mais votre union dans nos coeurs. Mais comprendre cela à trois ans, c’est un peu trop compliqué. Alors on essaye de prendre notre temps avec toi, on essaye de t’expliquer, et on essaye de t’écouter.

Ce n’est pas toujours simple. Elle est arrivée, elle a pris une place importante dans nos vies, aussi importante que ta place. Et toi, tu es là. Parfois un peu solitaire. Parfois un peu jaloux. A tour de rôle, tu as besoin de t’isoler, ou au contraire de t’affirmer. Ce n’est pas tous les jours facile. De te comprendre, et de répondre à tes besoins qui ont évolué. Et pourtant, tu es un petit garçon si intelligent. Je ne doutes pas du fait que nous arriverons à trouver chacun notre place. Il faut du temps, c’est certain.

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Tu as fais de nous des parents, elle a fait de nous une famille.

Et c’est bien ca, notre famille, le plus important, aujourd’hui. Tu es notre priorité autant qu’elle, vous, nos enfants.

J’ai eu ce besoin de t’écrire aujourd’hui. 

Ca fait maintenant un mois et demi que ce grand chamboulement a surgit dans nos vies. Un mois et demi que nous sommes 4 pour former qu’un. Et depuis quelques jours, c’est devenu un peu trop compliqué pour toi. Et pour nous. On a tout essayé, j’ai bien l’impression. On essaye réellement de faire de notre mieux pour que tu te sentes bien, toujours aussi aimé. Chaque jour on essaye de t’accorder tout le temps que tu as besoin. Mais parfois, ça ne suffit pas. Tu l’exprimes, tu nous montre ton désaccord, tu te mets en colère aussi.

Je me sens si impuissante, mon amour.

Je ne sais plus comment faire pour t’accompagner lorsque plus rien ne va, selon toi. Le chemin est long, mais sache que chaque jour ma main te seras tendue pour t’accompagner, mon dos libre pour te porter, mon coeur ouvert pour t’aimer bien plus fort que la veille encore. Je t’aime bien plus fort qu’hier, bien plus fort que tu ne peux le croire. Je t’aime d’un amour infini, mon enfant. Et chaque jour nous avancerons ensemble. Je ne te promets pas que nous ne tomberons jamais. Mais sois convaincue que, chaque jour, nous nous relèverons, ensemble, et nous avancerons, bien plus loin encore.

Ta maman qui t’aime. Pour toujours.

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7 Comments

  • Reply Maud 2 décembre 2017 at 22 h 30 min

    Votre lettre est très jolie ! Remplie d’emotions ! Je ne doute pas un instant que chacun de vous trouvera sa place . Chacun doit prendre ses marques . Avec tout l’amour qui transparaît dans vos mots, c’est une évidence. Je suis maman de deux filles de 7 et 10 ans et chacune , encore aujourd’hui, réclame sa place, toutes les deux l’ont, elles sont si différentes, et si complémentaires . Leur lien est unique , et notre vie à 4 est fabuleuse . Je sais que la votre l’est et le sera tout autant ! Belle soirée à vous !

  • Reply lucielesrebelles 3 décembre 2017 at 11 h 05 min

    ça peut parfois être difficile pour les aînés. Surtout au début mais même après. J’essaie de consacrer des moments seules avec mon aînée mais parfois ce n’est même pas assez selon elle (l’éternelle insatisfaite).

  • Reply Delphine 3 décembre 2017 at 14 h 01 min

    C’est une magnifique lettre.
    C’est pas facile pour eux ni pour nous ce grand changement dans nos vies.
    Moi c’est à l’école qu’il se révolte bizarrement, plus qu’à la maison.
    Plein de bisous à toi. Courage pour cette période de transition un peu délicate.
    Continuez de vous aimer tous les 4 c’est le plus important

  • Reply Florilège de la blogosphère – Chez Lorette 3 décembre 2017 at 16 h 21 min

    […] jolis mots de Mumpascap à son ptit N. devenu grand frère […]

  • Reply mamansurlefil 4 décembre 2017 at 10 h 07 min

    Une très beau billet ! Un bel hommage à ton grand garçon…. La construction d’une fratrie n’est pas linéaire, ni facile… Elle est faite de hauts, de très hauts et de bas et très bas… Mais les jolis moments de jeux et de complicité effaceront les disputes et les jalousies !

    courage et patience

    Virginie

  • Reply Je ne suis pas une Poule 7 décembre 2017 at 11 h 33 min

    C’est vrai que c’est difficile parfois. Comme toi ma Bébou a 3 ans et sa petite soeur a presque 6 mois. Il y a des phases où c’est dur de partager et puis il y a l’école et toutes ses nouveautés. On leur en demande beaucoup à ces « petits » devenus « grands » mais ça va passer et tout rentrera dans l’ordre… Enfin… j’espère!

  • Reply Latouche delphine 11 décembre 2017 at 11 h 37 min

    J’en ai eu les larmes au yeux en la lisant… J’ai tellement cette crainte de ne pas arriver à gérer le manque de temps, la possible jalousie… me dire qu’il peut m’en vouloir qu’un nouveau membre rejoigne notre famille… et pourtant cette envie de 2eme pour que notre famille soit complète est bien la…

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