Côté parents

Un congé maternité repoussé.

7 avril 2015

Il y a un an, le 7 avril 2014, mon congé maternité commençait. Pour accoucher 12 jours plus tard, à terme (enfin, à 40 SA + 3 jours, précisément). Oui, je n’ai pas eu 6 semaines de congé avant ma DPA, mais « seulement » 3. Comment est-ce possible ? J’ai en effet pris la décision de repousser mon congé maternité.

Officiellement, le congé maternité dure 6 semaines avant la DPA et 10 semaines après celle-c, pour les femmes ayant moins de 2 enfants. A cela s’ajoute souvent 15 jours de congé pathologique avant. Congé pathologique qui porte mal son nom puisque la plupart des gynécologues, sage-femmes ou médecins généralistes le propose aux femmes enceintes sans même qu’une raison « pathologique » ou médicale ne le justifie.

Lors de ma grossesse, je me suis posée une question un peu particulière : et si je décalais mon congé maternité ? Celui-ci me permettrait de profiter plus longtemps de mon enfant après sa naissance, plutôt qu’avant.

La loi permet à une femme enceinte de repousser son congé maternité de 3 semaines maximum, ces 3 semaines s’accumulant ainsi à la fin du congé maternité théorique. La femme bénéficie alors d’un congé maternité de 3 semaines avant la DPA et de 13 semaines après cette date. Cependant, elle perd le bénéfice du congé pathologique, qui ne peut être pris après la naissance. De plus, cette possibilité est soumise à une condition médicale, la femme enceinte devant justifier de son bon état de santé lui permettant de continuer son activité professionnelle par l’apport d’un certificat médical (rédigé par un médecin, celui d’une sage-femme étant refusé par la sécurité sociale). Et cette possibilité est aussi très peu connue, puisque lorsque j’ai déposé mon certification médical à la CPAM pour reculer mon congé maternité, la personne qui m’a reçu n’était pas au courant de cette possibilité …

Mais alors, pourquoi ai-je décidé de repousser mon congé maternité ? Plusieurs raisons m’ont poussé dans cette décision.

* D’abord, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion de pouvoir profiter plus de mon enfant une fois que celui-ci était né plutôt que de profiter de 3 semaines avant l’accouchement pour me reposer. Cette idée était ma principale source de motivation dans cette décision. Je trouve déjà très court le congé maternité, alors si je pouvais le prolonger de 3 semaines après la naissance, c’était que du plus !

* Ensuite, et il faut bien l’avouer, le côté financier a eu une place très importante dans cette décision. A l’époque, j’étais employée à temps partiel. Il fallait cumuler 200h de travail sur les 3 derniers mois pour pouvoir obtenir les indemnités journalières de la sécurité sociale. Sauf que mon travail me permettait de cumuler seulement 195h en trois mois. Comble à tout cela, mon employeur nous faisait pratiquer la modulation de nos heures de travail. Je pouvais bosser plus d’heures une semaine, et moins la suivante. En fin de compte, je dépassais largement les 200h de travail sur 3 mois. Cependant, ces heures supplémentaires n’étaient payées et s’affichaient sur la feuille de paie seulement 6 mois après … Il me fallait donc travailler jusqu’en avril afin de pouvoir démontrer auprès de la sécurité sociale que j’avais bien travailler plus de 200h sur les 3 derniers mois pour pouvoir toucher mes indemnités journalières … C’est donc une raison financière qui a orienté mon choix. Depuis quelques mois – seulement ! -, la loi a changé, et il suffit de cumuler 150h de travail sur les 3 derniers mois pour pouvoir toucher les indemnités journalières. Cette loi m’aurait bien servit l’année dernière … 

* Enfin, le côté social a aussi eu une grande importance dans la prise de ma décision. Je ne me voyais pas rester 6 semaines seule à la maison, sans voir du monde, sans pouvoir parler, seule. Mon travail m’apportait beaucoup de sociabilité, entre les collègues et les clients. Certes, ce n’était pas tous les jours facile. Il y a des moments où l’on préfère ne voir personne ! Mais, vraiment, je ne me voyais rester seule 6 semaines chez moi (dans cette hypothèse, je pense que j’aurais pris bien plus de poids, en comblant la solitude par la nourriture !).

* Et puis il faut aussi dire que j’étais en forme et que tout était OK sur le plan médical pour pouvoir prendre cette décision. J’avoue que j’étais fatiguée, comme toute femme enceinte. Mais je n’étais pas gênée par mon bidon qui prenait peu de place, je n’ai pris que très peu de poids, et j’allais bien. Très bien même, grâce au travail ! Et puis, mes responsables ont aménagé mon poste de travail du début à la fin de ma grossesse, et ont pris soin de moi pour que tout se passe au mieux !

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Finalement, j’ai travaillé le 5 avril 2014 pour être officiellement en congé le 7 avril. 12 jours après, nous arrivions à la maternité pour faire CETTE rencontre qui changera le cours de notre existence.

Aujourd’hui, je suis très contente de cette expérience. Je ne regrette pas ma décision. J’ai eu la grande chance d’être pendant presque 14 semaines avec mon bébé après sa naissance. J’ai repris le travail pour 15 petits jours avant d’avoir 1 mois de vacances ! Le pied total.

Et si ça se représenterait ? La situation serait différente. Je ne suis plus à temps partiel, et, surtout, avec un premier enfant à s’occuper (j’espère bien qu’il soit en bas âge !), j’accumulerais surement plus de fatigue. La question est a envisagé différemment. Mais pour le moment, elle ne se pose pas !

Et toi, tu connaissais cette possibilité de repousser le congé maternité ? T’en as profité ? 

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2 Comments

  • Reply laura 7 avril 2015 at 20 h 25 min

    Tu as eu bien raison :)
    Je connaissais mais j’ai du prendre mon congé pathologique car en menace d’accouchement prématurée :/

    je trouve ça abusé qu’en dessous d’une certaine date de naissance tu te retrouves de suite en congé au lieu de la date présumée d’accouchement.. car certain bébé reste plusieurs mois en neo nat et ls parents perdent tout :/ ils rentrent chez eux la maman n’est plus en congé.. enfin c est comme ça

    • Reply Elodie 7 avril 2015 at 21 h 51 min

      Ah oui, c’est différent si y’a une raison médicale derrière ! C’est sur que si jamais j’aurais eu un soucis médical, la question ne se serait même pas posée !

      Je ne savais pas ce que tu dis là, par contre .. C’est fou ! Les « règles » ne sont pas bien établies, mais bon, comme tu dis, c’est comme ça … C’est pas très réfléchis parfois !!

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