Côté parents

« Tu es le meilleur, regardes, tu es le premier ! Ne te fais pas dépasser ! »

19 juin 2016

Comment appréhender l’éducation que l’on porte à son enfant lorsque, à côté de cela, on côtoie des personnes avec une autre vision de l’éducation ?

« Tu es le meilleur, regardes, tu es le premier ! »

« Continues, ne te fais pas dépasser, surtout ! »

« Tu es le champion, le meilleur du monde, personne n’est meilleur que toi à la trottinette ! »

Ces phrases, je les ai entendu il y a quelques jours, sortir de la bouche d’un papa que nous côtoyons régulièrement, envers son fils. Il est un peu plus âgé que le capitaine. Il est un peu plus âgé que moi.

Et nous n’avons pas la même vision des choses, de la vie, de l’éducation.

Ce papa est du genre très exigeant avec son enfant de 3 ans. Trop à mon goût, et ce n’est pas pour le critiquer lui, mais bien pour démontrer ma vision personnelle, à moi.

Alors, comment dois-je me positionner, moi, maman d’un petit garçon de 2 ans, lorsque nous côtoyons ce papa et son enfant ? Quels mots dois-je employer pour que ces phrases, dites par un papa à son enfant, n’aies aucune répercussion sur mon capitaine ? Comment agir de sorte à ce que mon capitaine n’ai jamais aucune mauvaise vision de lui-même, de ses capacités, de sa personnalité, lorsqu’il se retrouvera en face de ce genre de personne ?

Je m’interroge encore sur la manière dont je dois m’y prendre.

Je ne serais jamais une maman qui pousse son enfant à « être le meilleur ». Je ne serais jamais une maman fière que si il finit premier. Je ne serais jamais une maman humiliant son enfant, du fait de ses résultats, de ses faits et gestes.

Plus jeune, j’ai connu cette situation avec une copine dont la mère la poussait non pas à participer, à s’amuser, à se surpasser pour soi-même, mais à être la « meilleure ». Cette situation, bien que je n’y sois confrontée qu’indirectement, m’a toujours blessé.

Ma maman m’a, quant à elle, guidé sur un chemin totalement contraire, qui consistait à être fière … d’avoir participé, et, surtout, d’avoir pris du plaisir, quel qu’en soit le résultat. Première, dixième, dernière, qu’importe. Ce qui comptait, et ce qui compte pour moi, c’est le fait de vouloir. Vouloir participer, vouloir se défier soi-même, vouloir aller au bout de la chose entreprise par et pour soi. Et vouloir le faire car ça nous fait plaisir, simplement.

Alors, je repense à ce petit garçon de 3 ans.

Tout ceci n’est qu’une histoire d’éducation.

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J’attache de l’importance à ce que le capitaine soit poli. Il m’impressionne d’ailleurs beaucoup sur ce point. Car, si il ne sait pas dire bonjour (son caractère réservé n’y est pas pour rien …), il dit énormément merci, au revoir, s’il te plait, à sa manière. Mais ça lui arrive très régulièrement de ne pas le dire, lorsqu’il ne connait pas, qu’il n’est pas à l’aise, qu’il est un peu effacé. Je ne le force jamais. Je l’accompagne, au contraire. Je le dis pour lui, je lui parle à lui, et pas aux personnes qui attendent cette politesse. Je le rassure, lui disant qu’il avait le droit de ne pas avoir envie. D’ailleurs, ça me fait penser à un article très juste au propos du « bisou envers une personne inconnue » qu’il se devait d’être fait, même si l’enfant n’en avait pas l’envie.

Ce papa, il n’a pas la même vision que moi. Son garçon doit être poli en toute circonstance. Il doit embrasser chacune des personnes qu’il rencontre, à chaque fois. Sinon, gare aux punitions.

Je ne pousserais jamais le capitaine à être « le meilleur » d’un groupe, d’un sport, d’une classe. Je le pousserais, mais à être « le meilleur pour lui-même ». Je le pousserais à faire ce qu’il a envie de faire, je l’accompagnerais dans ces choix. Je respecterais ses décisions. Je respecterais le sport ou le loisir qu’il souhaite faire, ou ne pas faire. Je ne le contraindrais pas (et ce, même si il décide un jour de jouer au foot !) (au secours !!).

Et je le protégerais tant que je peux face à ces personnes qui n’ont pas la même vision que moi, sur l’éducation que l’on doit donner à nos enfants, sur cette confiance en eux qu’on essaye de leur apprendre.

Et toi, as-tu déjà été dans cette situation où un parent disait à son enfant le contraire de ce qui ressort de l’éducation que tu souhaites donner à ton/tes enfant(s) ? Comment as-tu géré la situation ?

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4 Comments

  • Reply Weena 19 juin 2016 at 18 h 01 min

    Je suis tout à fait d’accord avec ta vision de l’éducation et comprends ton questionnement vis à vis de l’attitude de ce papa que vous côtoyez.
    D’un autre coté, il semble que tu ai fréquenté dans ta jeunesse une jeune fille dont la mère avait le même comportement, ce qui ne t’as pas empêché de suivre celui de ta maman, à savoir que l’important, c’est de participé ^^. Je me dit que ton capitaine devrait comprendre ça aussi.
    Je n’ai pas encore été confronté à ce genre de phrase autour de FeuFolet et j’espère comme toi, qu’il saura que quoi qu’il arrive, je serais toujours fière de lui ^^

  • Reply Cendra 20 juin 2016 at 10 h 28 min

    Je suis moi aussi en accord complet avec ton point de vue. Je suis convaincue que pousser l’enfant à toujours être « le premier » est dévastateur (regardons le monde dans lequel nous vivons, basé sur les performances et sur le fait de toujours dépasser les autres…).
    Le soucis qui se pose chez nous, c’est ce que notre fils rapporte de l’école. Là bas, les enfants qu’il côtoie ne reçoivent pas forcément la même éducation que nous tentons de transmettre à notre fils, alors depuis quelques temps, nous avons le droit à des « je suis le plus rapide/le plus fort » « c’est moi qui gagne » « j’y arrive mieux que toi », etc. Alors, on est entré en « lutte » contre toutes ces conventions, lui expliquant qu’on est tous un jour très bon, qu’on peut tous échouer un jour et réussir un autre, que les échecs sont des apprentissages, etc, bref c’est compliqué!

  • Reply Mademoiselle Mam' 20 juin 2016 at 12 h 24 min

    Je suis totalement d’accord avec toi. Je ne pousserai jamais mes enfants à etre les meilleurs. Ils seront comme ils seront.
    Ma fille fait de la Gymnastique Rythmique. Elle a demandé à faire de la compétition l’année prochaine, je ne suis pas vraiment pour. Mais elle m’a dit « maman, tu sais, l’important c’est de participer »…
    Elle a 5 ans

    Elle sait que j’appréhende justement les autres qui ont des parents derrière qui veulent absolument faire de leur progéniture les meilleurs. Je connais ce monde de la compét et je l’ai très mal vécu. Je trouve que cela donne une très mauvaise estime de soi en grandissant. Alors jamais je ne pousserais mes enfants à etre les meilleurs.

  • Reply Lucile de Guinzan 2 juillet 2016 at 18 h 36 min

    Je partage assez ta vision. C’est un point que j’ai déjà eu l’occasion de voir traité dans mes lectures et je crois vraiment qu’il ne ressort rien de bon à dire à un enfant qu’il est « le meilleur », de toute façon, même quand on ne désire que l’encourager. J’essaye de faire attention dès maintenant avec mon baby boy du coup, mais c’est vrai que ce genre de tournures me viennent parfois à la bouche. Je me corrige, jusqu’à ce que ça disparaisse totalement. Pour le papa en question c’est marrant ça me rappelle le profil du « parent ambitieux » du livre « Comment traumatiser votre enfant, 7 méthodes infaillibles pour en faire un être inadapté mais génial » (là prendre sur le ton de l’humour bien sûr !) ^^

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