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Côté grossesse

    Côté grossesse

    214 chances sur 215 que tout aille bien

    4 mai 2017

    214 chances sur 215 que tout aille bien. J’y ai cru tellement fort, les choses ne pouvaient être autrement.

    Cette grossesse n’a rien de reposant, depuis le début. Le premier trimestre a été semé d’obstacles que nous avons franchit les uns après les autres. Et alors que l’échographie du premier trimestre nous rassuraient enfin, pensant que le plus dur était derrière nous, nous apprenions quelques jours après que finalement, on devrait encore espérer. Espérer que notre bébé aille bien. Espérer que nous serions tous réunis, en bonne santé, dans quelques mois. Cette étape a surement été la plus difficile. Psychologiquement, tout du moins.

    C’est ainsi qu’on a appris, après cette première échographie officielle, que notre bébé présentait un risque élevé de trisomie.

    Rien ne laissait présager ça, pourtant. La clarté nucale était bonne. Je suis jeune. Je ne fume pas. Mais voilà, il y a également des paramètres que nous ne maitrisons pas. Je n’aurais jamais cru devoir passer par cette case un jour. D’ailleurs, qui peut y croire ?!

    Lorsque la gynécologue, lors du rendez-vous du quatrième mois, nous a appris qu’elle avait déjà reçu les résultats du tri-test, j’ai eu le réflexe, loin de penser que ces résultats n’étaient pas très bons, de dire « mais, c’est tôt, non ?! On m’avait dit que ce ne serait que 10 à 15 jours après l’échographie ! ». Elle nous a confirmé que c’était tôt. Bien évidemment, quand le laboratoire se permet d’envoyer rapidement ces résultats, c’est qu’ils ne sont pas si bons … C’est ainsi qu’elle nous a annoncé que notre bébé était dans un risque de 1 sur 215 d’être atteint d’une trisomie. Qu’elle m’a demandé, comme pour se rassurer elle même, si je le sentais déjà. A 14 semaines d’aménorrhée, je n’étais sûre de rien.

    Le réflexe tout bête que j’ai eu fût de regarder mon chéri et de sourire.

    Je n’ai pas compris, sur le coup. C’était impossible. Pourquoi ? Pourquoi ce bébé ? Pourquoi cette série noire ? Notre bébé allait bien, ce jour là. Il gigotait beaucoup, les mesures étaient bonnes. Aucun signe suspect. Mais voilà, elle a commencé à nous parler d’amniocentèse et de prise de sang et échographie poussés. Elle nous a mis en relation directe avec une gynécologue spécialisée dans ce domaine.

    C’est en sortant de son cabinet que j’ai réalisé. J’ai pleuré, et j’ai vu les larmes couler sur les joues de mon chéri, de mon amour. Je n’ai pas compris ce qui se passait, sur le coup. J’ai mis du temps à réaliser. On en a parlé, tant bien que mal. Nous n’avons pas voulu parler de la suite, si jamais … Bien qu’énumérant ce que chacun de nous ferais, rapidement. Le capitaine était avec nous, ce jour là. Il nous a demandé de ne pas pleurer. Mais c’était bien plus difficile que cela.

    J’ai eu un rendez-vous immédiatement avec cette spécialiste. Le lendemain, on évoquait ensemble, pendant une longue, très longue heure, les possibilités qui s’offraient à nous : le dépistage prénatal non invasif (DPNI), consistant en une prise de sang détectant les « seuls » trisomies 13, 18 et 21, ou l’amniocentèse, diagnostiquant tout problème chromosomique que pouvait présenter le foetus mais présentant des risques de fausses-couche. On pouvait également n’accepter aucune analyse. Après de longues réflexions, de conseils pris auprès de copines ayant vécues la même chose, nous avons décidé de savoir réellement ce qu’il en était.

    C’était impossible pour moi. Impossible que notre bébé soit atteint de quoi que ce soit. J’étais convaincue et persuadée que nous avions 214 chances sur 215 que tout aille bien. Ca ne pouvait être autrement.

    J’ai donc subit une amniocentèse le 19 avril dernier. Comment oublier cette date alors que c’était le jour des 3 ans de mon petit garçon.

    Les journées suivantes ont été difficiles. J’avais tellement peur de ces fichus risques de fausses-couche !

    C’était d’ailleurs ma seule et réelle crainte. Cette potentielle fausse-couche. J’étais vraiment optimiste quant aux résultats de cette analyse. D’ailleurs, égoïstement, c’est pour mon chéri que j’ai fait cet examen. Convaincue que mon bébé ne pouvait rien avoir. C’était impossible ! Comme si des oeillères me cachaient de la réalité.

    Mais les jours ont passé, et, bien qu’au courant que les résultats ne seraient que sous 2 à 3 semaines, le doute s’est installé.

    Les cauchemars ont surgi pendant mes nuits, les insomnies ont pris place, elles aussi. Les journées sont passées, parfois avec une humeur maussade, parfois optimiste. L’attente s’est faite vraiment trop longue.

    Jusqu’à ce jour. Tellement mal d’attendre, j’ai pris mon courage et ai appelé le secrétariat de la clinique. Le destin a fait qu’ils avaient reçu le matin-même mes résultats. La secrétaire m’a donc indiqué qu’elle allait les transmettre au spécialiste, afin que cette dernière me recontacte dans la matinée. Ou dans la journée, plutôt. Il était 10 heures. J’ai patienté, patienté, envahie de stresse. J’ai pleuré, aussi. Et puis j’ai rappelé, prise d’inquiétude. La gynécologue était de garde, aujourd’hui. Elle ne pouvait donc pas m’appeler directement. On a du attendre 18h30 pour avoir ce fameux coup de fil. Celui qui fait battre ton coeur à 100 à l’heure. Par chance, mon chéri était à mes côtés.

    Et là, la délivrance. « Ce sont de bonnes nouvelles que j’ai à vous annoncer, Madame ! »

    La gynécologue avait une voix spéciale, cette voix pleine d’espoir, je la sentais au bout du fil heureuse pour nous. J’ai pleuré, fort. J’ai posé des questions, toujours. Tout allait bien. Ce cauchemar était enfin fini, et derrière nous. Lui aussi était rassuré, et m’a dit pouvoir enfin se projeter réellement.

    Ce que l’on aurait fait si ces résultats auraient indiqués un souci, qu’importe. C’est derrière nous, et rien ne sert d’évoquer aujourd’hui cette hypothèse.

    Aujourd’hui, tout va bien. Aujourd’hui, je reprends enfin espoir.

    Notre bébé va bien, et pendant toute cette journée éprouvante, il a su me redonner confiance par ses petits coups bien plus forts que les jours précédents.

    Je vous embrasse, et souhaite beaucoup de courage à tous ceux qui passent par là. 

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